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Moustier

Comme dans tout le pays provençal, la poterie est attestée à Moustiers dès le haut Moyen Âge. Pierre Clérissy devint le plus célèbre de ces potiers de faïence émaillées, en devenant le premier faïencier grâce à la présence à Moustiers en 1678 d’un religieux du couvent des Servites, Lazzaro Porri. Tous deux étaient originaires d’Italie et leurs productions ont participé à créer ce qu’est la céramique à la française.  Il a travaillé avec les grands décorateurs François Viry et ses fils. Ces décorateurs pouvaient passer en moyenne une douzaine d’heure par pièce.  Par suite de l’Edit somptuaire de 1689, répété en 1699 et en 1709, les plus riches Maisons font fondre leurs services en métaux précieux pour les remplacer par des services en faïence richement ornée : le Moustiers.

Pierre Clérissy, puis ses fils, ont su vendre aux bonnes familles leurs pièces exceptionnelles. On peut aisément le constater par le nombre de pièces prestigieuses fabriquées au cours de la première moitié du XVIIIème siècle telles que les grands plats de chasse, les fontaines, huiliers, saupoudreuses et autres objets raffinés destinés à orner des tables luxueuses.

La faïence devint tellement à la mode, que les souverains d‘autres pays d’Europe voulurent aussi posséder de grandes manufactures. La faïence anglaise contemporaine aussi commence à acquérir ses lettres de noblesse.

Les 12 fabriques de faïence de l’époque rapportaient plus à la communauté que toutes les autres manufactures réunies. Malgré cela, rien ne pouvait empêcher la mode de changer. Le règne de Louis XVI a été marqué par un certain amour pour les fabrications anglaises. En 1786, le traité de Vergennes autorise l’entrée en France des productions anglaises, celles-ci sont bien accueillies, en particulier cette faïence à terre blanche dont le décor commence à être collé (et non plus peint) sur la pièce avant d’être recouvert d’une couche d’émail transparent. Lors de la découverte d’une carrière de kaolin près de Limoges en 1769, un certain engouement en France s’est produit pour la porcelaine jusqu’à encore aujourd’hui céramique favorite.

Marcel Joannon dit « Provence » fait renaître la faïence de Moustier st Marie.

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, pendant 50 ans la faïence ne sera plus produite à Moustier st Marie. C’est l’arrivée de Marcel Joannon, journaliste, écrivain, historien, ethnologue et surtout un amoureux de la Provence (dont il prit le nom), qui relance l’activité faïencière en 1928. Il a créé l’Académie de Moustiers, responsable de l’étude des faïences et du folklore de Moustiers, puis, le Musée de la faïence. Ces faïences étaient décorées dans le « style Moustiers », très souvent d’un oiseau, « l’oiseau are », qui devint très rapidement symbolique de la faïence de Moustiers.

Peu lucrative malheureusement, l’atelier de faïence de Marcel Provence ferma ses portes en 1937, mais il continua à s’occuper du Musée et de l’Académie.

Aujourd’hui Moustiers st Marie est surtout connu pour les activités en pleine nature que l’on peut y faire. Il y demeure de nombreux faïenciers de style « Moustiers » qu’il convient évidemment de rencontrer si vous passez en Provence.


Source : Moustiers-Sainte-Marie, le Temps Retrouvé aux éditions Equinoxe (site de la mairie de Moustier st Marie)